CE QU'IL Y A DE TERRIBLE AVEC IVAN de Jean-Louis Leconte

Publié le par Brigitte Sabban-Weyers

(...) 'Le fait qu'aujourd'hui la mémoire infaillible de la machine dissipe la mémoire brumeuse des hommes est loin d'être innocent. Pouvoir d'un seul clic avoir une réponse immédiate à nos interrogations ne va-t-il pas nous enlever le goût de la quête, du temps qui passe, autrement dit la conscience de notre fragilité?'

"(...), chaque année des films dont le sujet ne concernent pas directement un large public démontrent que la curiosité reste une motivation importante dans le choix d'un film. Pour autant, refuser la facilité n'exclut pas la recherche légitime de l'adhésion du plus grand nombre possible, que celle-ci passe par l'émotion, par la curiosité ou le mélange des deux. C'est tout le problème de télévision qui, dans son souci de rassembler le plus large public, de faire de l'audience, privilégie trop souvent l'histoire, considérée comme un plus petit dénominateur commun, et néglige la mise en forme cinématographique, autrement dit la morale. (...)"

« Des quelques films qui m’ont ébranlé dans ma jeunesse et dont l’écho ne cesse de me poursuivre aujourd’hui encore, "Ivan le Terrible" en est certainement l’exemple le plus intimidant. Reconnu, du bout des lèvres par certains, comme un monument de l’art cinématographique, ce film, aujourd’hui largement méconnu, ouvre un champ inépuisable de réflexions tant sur l’évolution du langage et de l’esthétique cinématographique que sur ce qu’il nous révèle de l’histoire culturelle et politique de la Russie, du XVIe siècle à nos jours. Comme bien des oeuvres dites classiques, "Ivan le Terrible" mériterait d’être vu par tous ceux – jeunes et moins jeunes – pour qui le fait d’être contemporain signifie trop souvent être moderne. »

Publié dans LIVRES, RECITS, REGARD, FRAGMENTS

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