DANS LES COULISSES DE "LA FABRIQUE DE L'ACTEUR" par Julien Messemackers

Publié le par Brigitte Sabban-Weyers

Il y a dans l'opération "Talents Cannes Adami" une promesse et c'est sa concrétisation sur le plateau pendant le travail de direction d'acteur, qu'il m'intéressait de filmer. Le parti-pris était de rester au plus prêt de l'esprit "workshop" de ce tremplin de comédiens, en juxtaposant le travail sur le plateau et le résultat final des films. Tout en filmant le tournage de ces courts-métrages, il s'agissait aussi restituer la rencontre humaine qui est au centre de la relation entre un acteur et un réalisateur, d'autant qu'ici cette rencontre s'inscrivait dans le contexte d'un passage de relai.

Pour les vingt ans de l'opération, l' Adami et la production déléguée des films avaient en effet choisi de s'entourer d'acteurs passés par ce tremplin et qui avaient atteint une certaine notoriété, pour réaliser les courts-métrages. De ces six acteurs dont pour la plupart c'était la première réalisation, on peut retenir Tomer Sisley qui a réalisé avec beaucoup de détermination et de pudeur un film qui fut le grand éclat de rire de la projection à Cannes, Pierre Niney un surdoué bouillonnant dont l'univers artistique a dévoilé une profondeur singulière, et Aure Atika dont le film révéla de façon remarquable une sensibilité et une élégance à l'image de sa personne. Ces trois là ont fait les films les plus personnels, qui sont restés comme les plus marquants.

Chaque année, ce tremplin est la compétition à ne pas rater pour tous les aspirants acteurs de la place de Paris. Qu'on y pense : pendant un an, c'est le tournage d'un court-métrage, plusieurs projections officielles, pour certains d'entre eux une représentation scénique durant un festival de théâtre, la distribution du DVD des films à toute la profession et bien entendu, la grande projection pendant le Festival de Cannes, précédée d'une montée des marches. Du travail, un beau coup de projecteur et de quoi faire pétiller l'imaginaire de nos futurs stars. C'est plusieurs centaines de candidatures envoyés pour une vingtaine qui sont retenues.

En allant à la rencontre des heureux élus de l'édition 2013, il y eu des surprises comme la sincérité de Yann Sorton, l'un des trois acteurs masculins du film de Pierre Niney. Yann galérait plutôt et était sur le point de laisser tomber le métier d'acteur quand il a été retenu par Niney pour jouer dans son court. Pour qui connait ce métier de l'intérieur, il n'y a rien de plus dur que la dépendance au désir des autres et le fait d'être retenu pour ce casting a suffit pour lui redonner de l'espoir. Les acteurs partagent (parfois) une complicité unique qui s'illustre dans l'échange entre Alexandra Roth et Benjamin Wangermee qui jouaient dans le film d'Aure Atika. De parcours et d'état d'esprit différents, le plateau les avait rapproché instantanément et interviewés ensemble entre deux prises, c'est comme s'ils se connaissaient depuis toujours.

Avec générosité et professionnalisme - et peut être plus concernés encore que ceux des années précédentes - les six réalisateurs ont fait toute leur place aux jeunes comédiens, qu'ils avaient choisi d'accompagner dans cette aventure qui leur est dédiée. Participer à ce tremplin n'offre pas de garantie sur l'avenir mais pour ces jeunes talents, c' est une chance qui se présente comme un moment d'échange artistique privilégié, tourné vers le rêve et l'avenir.

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