TONI ERDMANN de Maren ADE

Publié le par Brigitte Sabban-Weyers

Sandra Hüller
Sandra Hüller

Ne rien lire, regarder du bout des yeux la bande-annonce, garder le plaisir intact de la découverte d'un film, d'une histoire, d'un récit. J'avais forcément entendu que le film avait fait sensation à Cannes mais j'avais ensuite, à chaque fois, éviter de lire les critiques, refuser de regarder les images, garder cette sensation délicieuse de l'émerveillement que procure une séance de cinéma.

Et c'est d'abord ce qui m'a frappé. L'audace de cette mise en scène, la manière si particulière de raconter la relation entre un père et sa fille, de longues séquences qui ne s'arrêtent pas mais qui n'ennuient jamais. Au début du film je me suis dis que c'était osé d'aller à l'encontre de tout ce qui fait actuellement, un rythme rapide, une histoire resserrée, une présentation des personnages dans l'action, des flots d'images colorées. Non, rien de tout cela dans ce film si fort si intense. Je n'ai d'ailleurs toujours pas lu les critiques (mais je vais bien évidemment le faire, je ne peux résister au plaisir de voir si mon jugement est le même que des journalistes qui exercent leurs métiers en critiquant les films, en essayant de nous donner envie, ou non, d'aller s'enfermer dans une salle de cinéma. )

Oui, c'est un vrai film de cinéma, qui a besoin d'un grand écran, d'une salle obscure, d'une immersion totale dans cette tranche de vie si brillamment mis en scène. Pa sûre que le film supporte le visionnage sur un écran à domicile...

J'ai rarement eu des émotions aussi fortes, aussi profondes sur certaines séquences, le choix de la photo que j'ai faite est sûrement ce que j'ai ressenti de plus fort à ce moment là du film. Mais il y a d'autres séquences, tout aussi intéressantes, voire parfois légèrement dérangeantes, mais tellement sincères, et inattendues.

Et malgré le réalisme du film, voire son naturalisme, l'humour est présent, constant , tout au long du film. On passe du sourire à de francs éclats de rire. Mais attention, pas de méprise, ce n'est pas une comédie au sens où on peut l'entendre aujourd'hui.

C'est un film, un vrai et grand film de cinéma, qui reste là, à côté de nous.

Publié dans CINEMA, REGARD, RECITS, MAREN ADE

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