LES AMBITIEUSES de Mathilde BOURMAUD

Publié le par Brigitte Sabban-Weyers

LES AMBITIEUSES de Mathilde BOURMAUD

Une amie scénariste nous a présenté, et nous avons collaboré, toutes les trois autour d'un projet de série de fiction. L'expérience fut riche, et nous avons gardé des liens amicaux et professionnels. Elle a quitté quelques temps la fiction pour s'intéresser à la vraie vie, celles des personnes ayant des parcours inspirants, des personnes qui véhiculent des idées progressistes et positives, dans le cadre d'une émission quotidienne pour la télévision. Et puis enfin, elle a décidé d'avancer sur son projet, ses idées, ses envies. Mathilde a beaucoup travaillé sur ce projet, et continue à s'investir sur ce projet prometteur. Son projet est à la fois une série web-documentaire, une plateforme qui permettra de vehiculer les idées, recueillir les témoignages. Le nom de ce projet est à son image: positif, signifiant et ouvert sur le monde. 

LES AMBITIEUSES

Sur ce blog, j'aime interroger les créateurs, les artistes, sur le processus créatif. Mathilde a bien voulu répondre à mes questions.

Première question qui est maintenant une question rituelle :

Quel a été le moteur qui t’a poussé à écrire les prémisses de ton projet ? Est-ce qu’il y a eu un événement déclencheur ?

C’est une suite d’évènements je dirais. J’ai d’abord travaillé pour les autres, le projet des autres. Que ce soit lorsque je travaillais au développement chez Calt Production, en tant que chargée de développement ou pour les diverses émissions (magazines et documentaires) en tant que journaliste. Déjà à cette époque, j’avais envie de passer de l’autre côté de la barrière. D’oser franchir la barrière de l’indépendance. De raconter et écrire à mon tour. De me lancer dans le grand bain de la page blanche. Beaucoup de sujets m’animaient. En particulier sur le destin au féminin. Des destins croisés ici et là et que je retranscrivais de manière oser ou décaler dans mon coin et sur mon blog.

Quelque chose était donc entrain de murir en moi depuis très longtemps à travers mon expérience, mes observations et sur le papier. Mais c’est définitivement en partant aux Etats-Unis pour travailler sur un documentaire, que j’ai eu cette intime conviction de me lancer dans mon projet. Un projet qui prendrait corps comme son sujet dans le réel. Sur le terrain. 

Au fil du temps, l’histoire et l’intention se sont donc dessinées pour devenir essentielles à raconter et partager. Il fallait que je me lance et tente cette grande aventure.  

J’aimerais comprendre ton processus créatif. Ton projet étant protéiforme, par quoi as-tu commencé? Par quelles phases es-tu passé avant d'arriver à l'idée de la web série documentaire?

J’ai abordé mon projet par la prisme tout d’abord télévisuel. Un prisme que j’expérimente depuis 10 ans et dont je connais la méthode. A ce stade, il y avait déjà une envie d’aller toucher le plus grand nombre à travers une forme web. Mais je dirais qu’elle venait en complément. Je n’envisageais pas encore à l’époque, il y a un an et demi de cela, commencer par le web.

Mais au fur et à mesure de mes rencontres télévisuelles, cette approche est devenue logique voire évidente. Il faut dire que mon projet a pu être perçu comme engagé, clivant ou encore touchy. Pourtant, ce projet ne s’inscrit pas dans l’entre soi ou encore le militantisme. Bien au contraire. L’homme devient aussi partie prenante de l’histoire de cette série web-documentaire. Il s’agit « simplement » d’une observation et d’une expérimentation de la société à travers un prisme féminin. Voir ce que l’on a fait de cette société et surtout ce que l’on va en faire !

Ce sont donc les premières rencontres télé qui m’ont amenée à réfléchir mon projet de manière plus pérenne et protéiforme. Une forme qui va dans le sens aussi d’une évolution du schéma télé que nous observons. Une manière aussi de penser à la « télévision » de demain. A l’information et la réflexion de demain. Et si lancer mon propre média était la solution.

Se lancer dans l’aventure du webdoc à travers cette première phase de réalisation, c’était aussi pouvoir amorcer cette approche de la création d’un média. De manière indépendante. Une manière de tester un concept aussi. De le mettre et de la voir prendre forme et d’en tirer des leçons à chaque étape. Mais aussi permettre à des décideurs de se projeter plus facilement en images qu’à travers les lignes d’un projet écrit.

Sur ce projet, tu as plusieurs casquettes, avant de nous expliquer comment tu t'organises, j'aimerais connaître ton analyse du monde des magazines et des documentaires, analyse qui t'a amené à réfléchir à ton projet de manière innovante:

Je dirais avant tout une analyse de la télévision qui, je n’invente rien, évolue. Son fonctionnement n’est plus le même de quand j’ai commencé à y travailler. Le web a fait valdinguer une manière de consommer la télé comme de la produire. On ne peut plus se résoudre à faire comme avant. Et tant mieux ! Les médias, leur financement se diversifient comme ses contenus. Ils se démultiplient, se spécialisent de plus en plus. Le web a favorisé cette éclosion.

Et d’un autre côté, je ressens cette envie général et de plus en plus profonde d’expérimenter le réel. D’apporter, à l’échelle humaine, des réponses à des questions essentielles sur la vie, le monde. Et la fonction du documentaire est celle-ci. Je dirais même qu’elle est le lieu d’interrogations de l’homme par l’homme. C’est un des derniers genres à proposer ceci et il faut qu’il perdure en l’innovant.  A la télévision, sur des plateformes web, bi-média !

Comment se passe ton quotidien? Il est très chargé. Mais je m’éclate ! C’est une expérience qui est la somme de toutes mes expériences passées. Du développement, à l’écriture, l’enquête en passant par la recherche de partenaires, l’adaptation de mon projet pour l’événement TEDx Champs Elysées Women et le Huffington Post, la direction artistique, la construction d’une communauté, d’une équipe, la production, le tournage, les derush, les montages, leurs validations, la livraison, la communication, la stratégie, l’écriture des articles, la bonne gestion de l’éditorial. Et j’en passe … Je ne compte pas mes heures. En parallèle, je continue d’apprendre sur mon projet et sur moi-même. J’observe son impact et surtout les retours. Je le vois grandir et évoluer avec son environnement.

A travers cette phase de lancement, je sais aujourd’hui que je ne peux pas tout faire mais je sais encore plus comment faire par la suite. Et ce qui est important à mettre en place. La phase dans laquelle je suis et surtout son analyse, sont décisives pour la bonne suite.

Quel est le conseil que tu donnerais à une personne qui souhaite se lancer dans un projet tel que le tien? Il faut oser ! Ne pas avoir peur de se lancer ! Mais aussi se poser les bonnes questions. Uniquement les bonnes. Et surtout persister ! Je dirais que quand on nous dit non, la première fois, c’est bon signe. Dans le sens, où le projet ne fini pas sur une pile en attente. Et que ça nous amène à réfléchir, à innover encore plus. La première fois, lorsque j’ai proposé mon projet, on m’a dit non. Pour autant, la femme à qui je m’adressais lors de ce rendez-vous m’a fait part de toutes les problématiques de son destin. J’ai donc su qu’il y avait un public. Une attente. Un besoin. J’ai donc persisté. Laissé place à l’observation, à la réflexion, approfondi ma copie tout en gardant l’essentiel de mon projet et de son intention. J’ai réfléchi à une autre manière de produire, lancer l’idée. J’ai tendu des perches et une opportunité de partenariat s’est dessinée. J’ai osé investir financièrement sur mon projet. Après cette première phase de lancement, la suite est en discussion. C’est une aventure. Un marathon. 

Mathilde Bourmaud est journaliste et auteure. Depuis 10 ans, elle travaille pour la télévision et le web. Pour la fiction, le magazine, le documentaire et le reportage. En France et à l’étranger. Engagée sur la cause féminine et le monde de demain, elle en écrit aujourd’hui une série documentaire transmedia.

Mathilde Bourmaud est journaliste et auteure. Depuis 10 ans, elle travaille pour la télévision et le web. Pour la fiction, le magazine, le documentaire et le reportage. En France et à l’étranger. Engagée sur la cause féminine et le monde de demain, elle en écrit aujourd’hui une série documentaire transmedia.

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