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Rencontre avec ADAM PRICE

19 Avril 2017, 17:46pm

Publié par Brigitte Sabban-Weyers

Rencontre avec ADAM PRICE

Rencontre avec Adam Price, organisée par Marie-Pierre Thomas et Laurent Lévy, SACD

 

Connu internationalement pour sa remarquable série BORGEN qu’il a conçu, il vient en France pour présente sa nouvelle série danoise, coproduite également par ARTE (diffusion prévue cet automne), RIDE UPON THE STORM.

Marie-Pierre Thomas, Laurent Lévy puis la salle ont posé des questions auxquelles Adam Price a répondu le plus précisément possible.

Adam Price a commencé à écrire dans une équipe de scénaristes, et il s’est formé à tous les genres. Enfant de la balle, il a également beaucoup écrit pour le théâtre. «Il faut apprendre son art en écrivant ». Les premiers temps, lorsque vous êtes dans une équipe de scénariste, et après que le projet soit passé au tamis de plusieurs personnes décisionnaires, vous regardez admiratif, ce qui reste de votre écriture. ( ce qui reste de vos mots, vos répliques…)

« En France, il semble que vous avez un problème car il y a plusieurs niveaux de personnes responsables qui donnent leurs avis. » ( Adam Price semble au fait de ce qui se passe en France…)

Lorsqu’on a un accord de développement au Danemark, vous êtes payés pour une durée de 3 mois pour pouvoir écrire un premier développement. Attention, le développement, ne signifie pas green light.

Lorsque vous avez écrit une série qui a eu du succès, alors le diffuseur peut vous commander une série, après avoir eu une discussion sur le prochain sujet qui intéresse le créateur. Si le sujet les intéresse, alors, ils y vont. Pour sa dernière série, Adam Price avait envie de parler de religion…

 

Pour la série BORGEN, MP T lui a demandé les points de ressemblance avec la série LES SOPRANO, qui elle aussi parle de la famille.

La série BORGEN est certes une série où la famille a un rôle très important, mais c’est plus une série sur le choix, et la rançon de ce choix. Dans BORGEN, la protagoniste va tout perdre suite aux choix qu’elle fait. La famille est en fait le contre-poids de sa vie politique.

L’autre décision conceptuelle importante que AP a prise est que sa protagoniste soit une femme. Le fait est que choisir une femme était plus facile pour incarner l’idéal. Techniquement, la douleur, l’émotion qui la traverse sont plus efficace parce qu’elle est une femme. C’était plus intéressant de voir une femme faire ses choix de conscience. Même si le Danemark est un pays progressiste, on pense que les femmes sont plus proches des valeurs familiales. Et ses choix seront forcément plus difficiles.

AP a expliqué en détail le planning d’écriture : conception de la bible par le créateur, ensuite travail dans la writer’s room avec deux ou trois scénaristes qu’il a choisi. Après le travail de la bible et de l’arche de la série, ces éléments sont discutés avec les autres scénaristes pendant deux ou trois semaines. Ensuite, sont déterminées les stories-lines, traitement très détaillé ( entre 20 et 30 pages) et ensuite première version dialoguée (entre 60 et 65 pages). Hors mis le temps de la conception de la bible, il faut compter environ 3 mois depuis le stories-lines jusqu’à une 2ème version de continuité dialoguée. En général, le metteur en scène lit la 2ème version. Ensuite , il peut y avoir plusieurs versions et c’est en général à la 5ème ou 6ème version que la lecture se fait avec toute l’équipe. L’équipe cela signifie, l’équipe artistique, tous les comédiens, les chefs de postes, etc.. Cette lecture permettra ensuite d’écrire la version tournage d’épisode.

AP a déjà fait des mises en scène au théâtre, de ses textes ou des textes des autres, mais il n’a jamais réalisé des épisodes de ses séries. Il aimerait un jour en réalisé un ou deux mais il pense que sa place est mieux dans la writer’s room. Il a une très bonne collaboration avec les metteurs en scène, il leur fait confiance. S’il y a des problèmes, ils sont réglés dans la writer’s room, pas sur le tournage. « J’aime le regard du réalisateur, de ce qu’il peut apporter. »

« Cela aurait été contradictoire de faire une série sur la démocratie et de la diriger comme un dictateur. »

« Si quelqu’un a une meilleure idée que moi, j’applaudis ! »

Pour la série BORGEN, il ne voulait pas d’une série politique par le prisme du cynisme : « je voulais que BORGEN soit autre chose » Il a choisi le prisme des idéaux.

A la question « Etes-vous Birgitt ? » AP répond, il faut faire preuve d’idéalisme dans notre métier. « Pourquoi écrit-on ? Pourquoi cette passion ? On veut que le public ressente ce que nous ressentons. C’est notre carburant »

A la question sur la nécessité du traitements , il répond qu’effectivement, si l’équipe de scénariste se connaît bien, alors le traitement n’a pas besoin d’être détaillé, mais dans les premiers temps c’est nécessaire.

La place du diffuseur ? la chaîne publique danoise, si elle dit oui, n’interfère pas, mais bien sûr elle peut refuser des choses.

A la question de l’inspiration d’hommes politiques réels, AP insiste sur l’importance effectivement de la documentation, de la recherche. Il faut qu’on ressente l’authentique. Il a vu tous les partis politiques danois, mais les noms des partis ont été changés.

A contrario, la fiction peut devancer la vraie vie : dans la 3ème saison, Birgitt fait passer une loi sur la prostitution, et plus tard, dans la vraie vie, une loi est passée sur la prostitution et cette loi ressemblait beaucoup à celle de Birgitt.

Pour sa dernière série, il a dit à la chaîne qu’il voulait écrire une série parlant de religion. Il a ensuite etoffé avec un premier document.

“We want passionnated creators, passionnated writers.”

“When you meet broadcaster, They want to see fire in your eyes …”

 

Quel Plaisir d’entendre un créateur heureux, et passionné. Enthousiasmant et réjouissant !!

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